"Assurons-nous bien du fait avant de nous inquiéter de la cause"
Bernard le Bovier de Fontenelle (1657-1757)
Dimanche 27 avril 2008

 



Les Bijoux de Nico, bijouterie de créateur installée depuis peu dans le quartier de la Butte aux Cailles, s’est progressivement fait connaître grâce au bouche-à-oreille. Au cap difficile des premiers mois d’activité a succédé une période de relative stabilité.


Pour un entrepreneur, la fierté vient avec le succès. Et pour Nicolas Morel d’Arleux, créateur et vendeur de bijoux à Paris depuis presque dix-huit ans, ce moment est arrivé. La petite boutique rue de la Butte aux Cailles, dans le XIIIème arrondissement, attire aujourd’hui une clientèle de plus en plus fidèle. Mais le parcours de Nicolas n’a pas été de tout repos.


Un pari risqué

D’abord étudiant en floriculture, puis en photo, il ne découvre les attraits de la bijouterie que par un heureux hasard, lorsqu’une créatrice lui demande en 1990 de réaliser une série de clichés de sa collection pour constituer un catalogue. Il s’associe alors avec elle, qui possède un magasin rue Mouffetard et deviendra sa compagne. Puis en 2001, il ouvre sa première boutique en propre avenue du Général Leclerc. Malheureusement, des difficultés personnelles l’amènent à se séparer de son épouse et à abandonner son affaire. C’est alors sur « la Butte », qui connaît depuis quelques années une fréquentation grandissante, qu’il ouvre en décembre 2005, à trente-neuf ans, Les Bijoux de Nico. Il ne dispose à l’époque que de 36000 euros qu’il investit intégralement dans l’achat du fond de commerce. Un risque non négligeable lorsqu’on sait que la durée de vie moyenne d’un nouvel établissement dans le quartier avoisine les six mois. Loyers élevés, activité commerçante peu développée, la Butte vit surtout de ses restaurants et de ses bistrots. « Les commerces de jours sont peu nombreux. Ce qui me sauve, c’est mon savoir-faire et ma bonne perception de la demande », déclare Nicolas.

Aujourd’hui, après seulement deux ans et demi d’existence, Les Bijoux de Nico a su se faire un nom. Quelques prospectus publicitaires et surtout beaucoup de bouche-à-oreille sont les recettes de sa réussite. Après les expériences en SARL de la rue Mouffetard et de l’avenue du Général Leclerc, Nicolas a opté pour une EURL. Ce qui lui permet aussi, du fait de son faible chiffre d’affaire, de réduire au maximum les charges fiscales. Mis à part l’achat des pièces et matériaux, il dépense pour la boutique 1000 euros mensuels en loyer, 2000 euros par trimestre pour le RSI (régime social des indépendants), et réussit à dégager un surplus afin de faire vivre ses deux enfants. Mais l’activité reste incertaine : « Le flux de clientèle est bizarre dans ce voisinage », explique-t-il, « Morose en hiver, le gros du chiffre d’affaire se fait entre avril et fin septembre, et autour de Noël ».


Des bénéfices encourageants

Et Nicolas ne craint pas la concurrence. Selon lui, « les quelques bijoutiers avoisinants sont plus conventionnels, ou davantage spécialisés dans les perles et autres bijoux fantaisies ». Sa boutique propose quant à elle des boucles d’oreilles, pendentifs, bracelets et colliers à bases d’argent, de pierres naturelles et de bois. Il se fournit principalement auprès de revendeurs nigérians, thaïlandais, béninois ou ghanéens. Pour suivre les tendances et les attentes du public, certaines créations sont aussi inspirées d’art touareg, et ses liens avec ses fournisseurs l’amènent parfois à voyager en Afrique saharienne.

 


Officiellement seul employé de la boutique, il lui arrive cependant de se faire aider par son amie qui a découvert à son tour les joies de la création de bijoux. Lorsqu’il fait le bilan, Nicolas est satisfait : « La boutique a été bénéficiaire dès la première année. Et j’ai déclaré plus de 12000 euros de bénéfice en 2006 », dit-il. « Le chiffre d’affaire de 2007 a un peu progressé : 65000 euros contre 61000 en 2006. Mais l’année 2008 devrait être excellente ! ». Et pour ça, il est prêt à faire quelques changements. La transformation de la devanture il y a moins d’un mois a déjà porté ses fruits en terme de fréquentation. L’ouverture prochaine d’un site internet permettant la consultation des articles en ligne, et peut-être plus tard l’achat par correspondance, devrait lui permettre d’accroître encore sa notoriété.


Être son propre patron

Travailler pour quelqu’un ? Nico y a pensé, « à cause des soucis en moins et du salaire en plus ». Prendre des vacances ? Les opportunités sont encore trop peu nombreuses pour risquer de s’absenter, surtout pendant la période de grande fréquentation. Peut-être l’hiver prochain. La vente de créations à d’autres distributeurs ? Son réseau de connaissances le lui permettrait. Or c’est avant tout la satisfaction de mener à bien cette entreprise qui le motive : « Le plaisir d’être son propre patron et de faire ce que j’aime me suffit pour le moment ». Cependant, il ne mâche pas ses mots pour critiquer la pression fiscale sur les petites entreprises : « Les charges sont tout simplement asphyxiantes. Embaucher quelqu’un en plus n’est pas possible pour l’instant, faute de moyens ». Mais l’idée d’une seconde boutique dans le quartier Oberkampf, si sa compagne quittait son emploi à la mairie, existe déjà à l’état de projet.



Les Bijoux de Nico

en Argent et Pierres d’ici & d’ailleurs

5, rue de la Butte aux Cailles

75013 Paris

01.45.88.92.53

lesbijouxdenico@aliceadsl.fr

 


Par Stapy - Publié dans : Entreprise
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